vendredi 16 août 2013

LETTRE OUVERTE A JOSEPH KABILA AU SUJET DE LA CONDAMNATION DU DEPUTE MUHINDO NZANGI


A Monsieur le président de la République Démocratique du Congo
Objet : Mon Indignation au sujet de l’arrestation du député Nzangi Butondo, élu de Goma
Monsieur le président de la République,
La courtoisie voudrait que je commence cette lettre par la formule protocolaire introductive connue de tous : « j’ai l’honneur ». Cependant, le degré extrême de mon indignation me pousse à aller droit au but. D’ailleurs, comment est-ce possible d’exprimer l’honneur quand on est poignardé dans le dos par ceux qui sont censés assurer notre protection ?

En effet, Monsieur le président, vos services de renseignement et de sécurité nous ont arrachés, comme dans un rêve, notre vénérable et honorable député national, Nzangi Butondo, un élu de Goma, venu en vacances parlementaires, membre du MSR (Mouvement Social pour le Renouveau), parti membre de votre majorité, ce dimanche 11 Août 2013 autour de 12h00, juste après son intervention dans une émission politique d’une chaine locale. On l’a acheminé manu militari par le premier avion en partance pour Kinshasa. Un élu du peuple traité comme un va-nu-pieds. Je pense que certains détails vous échappent quant au respect et à la mise en œuvre de la démocratie. Le droit est clair à ce sujet, tout présumé coupable est innocent avant sa condamnation. 

A votre avis, dire tout haut que vous êtes le chef suprême de l’armée congolaise, est-ce une divulgation du secret-défense de la République ou encore une atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de la nation ? C’est connu de tous que vous êtes le commandant suprême. Le rappeler ne constitue pas, à notre humble avis, un motif d’arrestation.

Je suis convaincue que vous avez trop d’affaires sur votre table pour répondre à ma lettre, mais je tiens tout de même à vous révéler qu’en tant que digne fille de Goma, il me serait impardonnable de rester indifférente face à un verdict que d’aucuns qualifient déjà  d’immoral, de corrompu, de pourri, de vil et de perverti. Et cela est une  honte pour la justice congolaise qui réconforte sa réputation de justice à double vitesse.  Je vous adresse cette lettre parce que vous êtes, dans ce dossier,  le seul à poser un geste magnanime pour sortir du pétrin une personnalité dont vous-même êtes témoin de ses actions justes pour la population qu’il représente à la chambre basse du parlement. Point n’est besoin de vous rappeler qu’il fait partie de votre majorité et donc, vous êtes plus qu’invité à réagir rapidement parce que c’est l’honneur et la cohésion de votre famille politique qui sont remis en doute quant au sérieux et au souci du bien être de la population congolaise en général, et du peuple du Nord Kivu en particulier.

Ecrouer le député Muhindo Nzangi à trois ans de prison ferme revient à scier la branche sur laquelle vous vous appuyez. Cette condamnation fragilisera, si ce n’est déjà le cas, votre dignité de garant et de chef suprême de la majorité présidentielle car il nous semble que c’est l’image de la majorité qui est souillée et ternie. Un adage africain dit : « les liens familiaux valent plus que toute autre chose au monde parce qu’on partage le même sang. ». En paraphrasant cet adage, il ressort que vous partagez du point de vue politique le même sang que tous les députés de la majorité. Tous les membres du corps humain ou d’un parti politique (parce que c’est de cela qu’il s’agit), sont indispensables. Quand le doigt est malade, c’est tout le corps qui souffre avec lui et l’on s’examine pour être en forme avant d’entreprendre quoi que ce soit. Ne pas soigner une pathologie, bénigne soit-elle, n’est pas le propre de l’humain.

Ce pays, votre pays, mon pays, notre pays la RDC a de sérieux et multiformes problèmes et il nous faut des gens sérieux pour les affronter et les résoudre. Je pense fermement que le député Muhindo Nzangi fait partie de cette frange d’hommes politiques qui vous aideront à la recherche des solutions aux problèmes épineux des guerres à répétition qui sévit dans la sous-région des grands lacs. Soucieux de l’avenir de son pays, il était en droit de critiquer les tares constatées dans la manie de gérer la guerre qui sévit à l’Est du pays, qui plus est sa terre natale. Les critiques construisent et forgent. Il y a urgence, il faut agir. 
Dans l’attente d’une suite favorable, daignez Monsieur le Président de la République, accorder une grâce présidentielle au détenu Muhindo Nzangi pour tenir lieu de votre magnanimité que nul ne peut contester au Congo Démocratique.
Fait à Goma, le 16.08.2013
Chantal Faida Mulenga-byuma 
Militante pour le changement

Député Muhindo en veste de détenu devant la cour suprême de justice.
Photos droits tiers 



jeudi 18 juillet 2013

18 JUILLET: MANDELA DAY : SUR LES TRACES DE MANDELA… CECILE KYENGE « PARDONNER AU NOM DES GENERATIONS FUTURES »

Consacrons 67 minutes à faire un geste de bienfaisance aux plus démunis.

Plus qu’un simple nom, Mandela c’est tout un symbole, une lutte, un combat, un courage… Mandela c’est aussi le pardon, la tolérance, la réconciliation, l’amour et lapaix. 67 ans durant, le prix Nobel de la Paix de l’Afrique du Sud a lutté contre la domination des blancs sur les noirs et des noirs sur les blancs.


18 juillet 1918, 18 juillet 2013, l’icône de l’Afrique Nelson Mandela totalise 95 ans d’existence sur cette terre des hommes. En qualité de nièce légitime idéologique de Mandela, Ch.F propose ici avec Hugues Mambo, un croisement de regard de deux personnalités emblématiques africaines pour commémorer cette journée spéciale. L’ancien Président Sud-africain Mandela, lui-même et la célèbre Cécile Kyenge, ministre italienne de l’intégration, d’origine congolaise. 

Ce qui se passe actuellement à l’Est de la RDC fait éclipse sur d’autres sujets d’actualités, tellement on est hyper branchée pour suivre les informations provenant des lignes des fronts entre nos vaillants militaires des Fardc qui, pour le moment, marquent des points. La reprise des combats entre les forces loyalistes de la RDC a coïncidé avec une autre « guerre ». Cette fois-ci à plus de 8000 kilomètres de Goma, en Italie : la ministre italienne de l’intégration d’origine congolaise, Cécile Kyenge, c’est son nom, a été comparée à un “orang-outan” par le vice-président du sénat italien, Roberto Calderoli, le samedi 13 juillet 2013, devant près de 1 500 personnes, lors d’un rassemblement de son parti politique. Voici ce que Monsieur le Vice-président du sénat Italien a dit mot à mot : « Quand je vois des images de Kyenge, je ne peux m’empêcher de penser à un orang-outan ». Trois jours après un ouragan des critiques et de protestations qui fusaient de toutes parts, le sénateur a présenté ses excuses le mardi 16 juillet et a envoyé des fleurs à la ministre offensée. En lieu et place de demande de pardon publique, le sénateur a simplement reconnu avec voir fait "une bêtise" et s'est excusé pour ses « remarques agressives ». Et la formule pour le faire devant le sénat, trop simpliste :"Je présente mes excuses à tout le monde ». Comme si cela ne suffisait pas, il a ajouté qu'il continuerait à s'opposer au gouvernement qui "encourage l'immigration illégale". Une drôle de façon de s’excuser !
Quand tout le monde a vu dans les injures du sénateur une « attaque raciste », celui qui les a proférées pense tout bonnement qu’il n'y avait aucune « insulte raciste" dans ses propos. Et pour se justifier encore, il a dit n’avoir fait qu’une simple « plaisanterie ».
Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de naissance de Mandela, né le 18 juillet 1918 dans un village de l'Afrique du Sud profonde du Cap oriental (sud). Aujourd’hui, Nelson Mandela fêtera ses 95 ans dans un état de santé « grave mais stable ». 

Une des façons de dire merci à Mandela, en ce jour, c’est de l’imiter, de marcher sur ses traces. Aujourd’hui, ce qui se passe à l’Est du Congo, n’honore pas Mandela : l’agression d’un pays par d’autres, pillage de ses minerais et mal gouvernance notoire. Ce qui s’est passé en Italie avec Cécile Kyenge, fait la honte à Mandela : le rejet et l’intolérance de l’autre parce que d’origine africaine. Tout cela démontre que l’humanité a encore des efforts à fournir pour la paix, la réconciliation et l’acceptation de l’autre. Plusieurs personnes avaient conseillé Cécile Kyenge de démissionner carrément de ce « gouvernement des blancs »; d’autres lui ont même proposé de « porter plainte contre ce sénateur raciste ». 

Elle, a choisi plutôt d’écouter la voix de sa conscience parce qu’elle voit loin. Sa conviction profonde est que son « engagement contre le racisme va au-delà de sa propre personne ». Elle est convaincue « qu’elle se bat pour un changement et que le changement par nature est toujours difficile ». Sa réaction face aux injures et menaces subies est pleine de sagesse : "Ce n'est plus une question de Cécile Kyenge, mais c'est une question concernant nos enfants; une question concernant les générations futures". "C'est un combat qui va au-delà de la couleur de ma peau, ça va au-delà de ce qui a été mon identité multiple." Une réaction modérée et non-violente face à ce membre du parti indépendantiste, raciste et xénophobe. Comparée au grand singe anthropoïde, Cécile Kyenge a pardonné à ce Monsieur qui l’a couvert d’une telle insulte intolérable.

Pardonner, nous renseigne le Petit Larousse, c’est renoncer à se venger d’une offense. C’est cesser d’entretenir à l’égard de quelqu’un de la rancune ou de l’hostilité pour ses fautes. Comme on le voit, celui qui a injurié « publiquement » Madame la Ministre Cécile Kyenge, n’a pas demandé pardon. Il s’est fait pardonner par elle. Il faut avoir un cœur d’une mère (africaine) pour le faire. Cécile Kyenge laisse tomber la poursuite pour préserver la paix et travailler ensemble pour le bonheur des « générations futures ». Cela s’appelle en d’autres termes, marcher sur les traces de Nelson Mandela. Merci à Mandela de nous l’avoir appris. Merci à Cécile de l’avoir mis en pratique. Bon anniversaire à Notre grand Père! 
Goma, Neveux et nièce légitimes idéologiques de Mandela. Hugues Mambo et Ch. F